Ou la recette des gaufres liégeoises.

Que celui qui n'a jamais eu l'impression d'être le lapin blanc toujours pressé dans Alice au Pays des Merveilles me jette la première pierre...Eh, eh, en même temps, je ne risque pas grand chose, pas vrai?

Car on a tous connu, à un instant ou à un autre, ces moments désagréables où l'on a l'impression d'être entraîné malgré soi dans un tourbillon dans lequel on s'épuise à tenter de jongler avec nos diverses obligations professionnelles, nos impératifs familiaux, les minuscules instants qu'on garde pour nous et surtout, surtout, toutes ces contingences et ces impondérables qui vous transforment, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, un emploi du temps parfaitement maîtrisé en un hôpital chirurgical de campagne pendant la guerre de Corée :). Mais dites-vous bien que les adultes ne sont pas les seuls à se transformer en petits lapins blancs, les enfants aussi...

Ca me rappelle, il y a... euh...25 ans, j'étais à l'école primaire et presque tous les soirs, j'avais des entraînements de gym (quelques années après, ma soeur suivra le même chemin). Alors hop, hop, hop, à 17 heures, puisque nous n'avions pas le temps de rentrer à la maison, nous faisions, au pas de course, un petit crochet par la boulangerie qui se trouvait à proximité de l'école avant de partir au gymnase. Les brioches à la praline et les têtes de nègre (vous savez, ces deux coques de meringue collées entre elles par une ganache chocolat et roulées dans des vermicelles de chocolat, mais si, souvenez-vous, quelque soit la manière dont vous essayez de les manger, elles explosent, vous couvrant d'une poudre de meringue du plus bel effet!) avaient ma préférence avec les lunettes à la fraise. Mais, en hiver, lorsqu'il faisait vraiment froid, notre petit crochet se transformait, toujours au pas de course hop hop hop, en un détour un peu plus ambitieux pour le temps qui nous était imparti et on se pressait vers un minuscule estancot (déjà qu'un estancot à la base, c'est un petit endroit alors je vous laisse imaginer un "minuscule estancot") tenu par deux "gaufriers" qui cuisaient devant nous, crêpes, gaufres et autres hot dogs. Si les crêpes étaient bonnes, les gaufres l'étaient encore davantage. Elles constituaient une petite douceur revigorante et énergisante, conditions impératives avant de débuter un entraînement souvent éprouvant. Mais surtout, ce que j'adorais, c'était la chaleur de cette gaufre que je sentais passer dans mes doigts engourdis par le froid pendant que je la dévorais... et le temps s'arrêtait...juste avant de courir au gymnase:). Et petite précision, mesdames et messieurs, à cette époque, il y avait encore de "vraies" saisons avec des hivers très froids et des étés chauds!! Mais je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans...(air connu!).

Voilà, c'était une de mes petites pralines, ce que d'aucuns appelleraient une madeleine de Proust...Et c'est dingue de constater à quel point certains de ces souvenirs d'enfance nous ont conditionné à l'âge adulte. Un peu comme un réflexe pavlovien: moi, quand il fait froid et que l'hiver arrive enfin, j'ai envie de gaufres. Et ce matin, ça n'a pas loupé. J'ai donc dégainé mon gaufrier. Mais plutôt que de faire des gaufres "françaises" comme celles que cuisait à merveille mon petit couple de "gaufriers", j'ai eu envie de tester la recette des Waffles, ces grosses gaufres belges caramélisées que je ne me lasse jamais de goûter lorsque je vais à Bruxelles. Et le temps s'est arrêté...pour quelques instants...jusqu'à ce que certaines obligations me rattrapent:).

La recette des Waffles ou gaufres liégeoises

(empruntée à Marina chez Parmesan et Paprika et un tout petit peu modifiée. Merci beaucoup)

Pour une vingtaine de petites Waffles:

  • 380 g de farine fluide

  • 4 cuillères à soupe de sucre en poudre

  • 1 sachet de sucre vanillé

  • 1 sachet de levure en poudre

  • 2 "bonnes" cuillères à soupe de rhum (facultatif mais ce serait tellement dommage de s'en priver, sauf s'il y a des enfants bien sûr !)

  • 2 oeufs

  • 140 g de lait

  • 200 g de beurre

  • 150 g de sucre perlé

Faire fondre le beurre en morceaux dans le lait chaud. Laisser tiédir. Pendant ce temps, mélanger la farine, le sucre en poudre et le sucre vanillé, la levure, les oeufs et le rhum dans un robot. Ajouter le lait tiédi avec le beurre (attention, la pâte est bien plus consistante que la pâte à gaufre "française"). Placer au réfrigérateur pendant 30 mn au moins. Juste avant de cuire la pâte, incorporer le sucre perlé. Bien mélanger, façonner des petites boules de pâte de la grosseur d'une noix ou davantage et les placer au centre de chacune des deux plaques du gaufrier.

Attention, au fur et à mesure de  la cuisson des gaufres, le sucre caramélise sur les plaques. Les dernières gaufres sont donc encore plus savoureuses mais pensez à bien surveiller la cuisson sinon...cata!

Copie_de_PICT0341

Les dernières gaufres profitent du sucre caramélisé stocké sur les plaques au fil de la cuisson

Copie_de_PICT0344

Voyez jusqu'où va se nicher ce fameux réflexe pavlovien: j'ai poussé le vice jusqu'à faire les photos sur la terrasse alors qu'il fait un froid de gueux... Sans doute pour mieux réchauffer mes petits doigts en mangeant mes waffles brûlantes!

Au fait, mes petits "gaufriers", ils sont toujours là. Ca fait bien longtemps qu'ils ont troqué leur "minuscule estancot" au centre ville contre un camion à gaufres, bien connu dans la région. Alors, si d'aventure, vous vous trouvez sur le marché de B... un samedi matin, arrêtez-vous devant leur petit point de vente roulant et pensez à moi en dégustant une de leurs gaufres au sucre maison!